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08.11.2007
REACTION aux blocages dans la voix du nord
« Le blocage n’est pas une bonne réponse »
Jean-Claude Dupas, président de Lille III, a rédigé hier un communiqué pour expliquer sa position. Pour lui, la nouvelle loi est imparfaite, mais elle donne un cadre dans lequel il lui semble possible de travailler pour assurer les grandes missions de l’université, formation et recherche.
– Quel est votre sentiment face au mouvement naissant à Lille III ?
« J’ai deux types de réaction. Je partage les inquiétudes des étudiants mais je suis persuadé que le blocage n’est pas une bonne réponse. Cela donne par ailleurs une image négative de notre université, tout en déplaçant le problème. »
– C’est-à-dire…
« La loi est mal connue. Dans les revendications des étudiants, il y a par exemple les inquiétudes sur les droits d’inscription. Ces derniers sont votés dans le budget de l’État, et n’émanent pas de la loi sur l’autonomie. Pareil pour les formations et les débouchés. Ce sont de vraies questions, mais la loi n’en parle pas. Le désengagement de l’État ? Il est lié à la loi de finances, pas à cette loi… »
– Beaucoup de revendications entendues seraient donc hors sujet ?
« Tout à fait. Abroger cette loi ne changera rien à beaucoup de questions posées par les étudiants, même si ces questions sont fondamentales. Nous sommes tous conscients qu’il y a un contexte dans le pays, une addition de mécontentements. Mais cette loi est un outil, peut-être imparfait ou incomplet, mais c’est un outil. »
– Comment allez-vous réagir ?
« Je ne vais pas faire appel aux forces de l’ordre et ensuite fermer l’université pour éviter que les partisans du blocage ne reviennent bloquer un peu plus tard… Nous sommes aujourd’hui dans une première phase. Lundi, il y a un vote qui, d’après ce que j’entends, sera organisé par des étudiants pro-blocage et anti-blocage… J’aviserai. Mais je leur dis que le blocage n’est pas la solution. C’est même un paradoxe d’empêcher les gens de travailler. De dire que tout le monde doit jouir de bonnes conditions de travail tout en affaiblissant sa base en bloquant l’université, qui se situe dans un environnement concurrentiel. » •
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