18.05.2008

Quatre candidats pour diriger les jeunes UMP

  • Les jeunes UMP, ici à Villebon-sur-Yvette pendant la dernière campagne présidentielle, revendiquent 30 000 adhérents.
    Les jeunes UMP, ici à Villebon-sur-Yvette pendant la dernière campagne présidentielle, revendiquent 30 000 adhérents. Crédits photo : Le Figaro

    Les Jeunes Populaires doivent élire leur nouveau dirigeant. Le successeur de Fabien de Sans Nicolas prendra ses fonctions aux universités d'été, début septembre.

    Ils donnent rendez-vous aux terrasses les plus en vue de Paris et maîtrisent le jeu du «on» et du «off». «On singe parfois nos aînés», reconnaît l'un d'entre eux. Ils ont entre 22 et 28 ans et sont candidats, déclarés ou putatifs, à la succession de Fabien de Sans Nicolas, président des Jeunes Populaires, la section jeune de l'UMP.

    Les Jeunes Populaires sont une petite UMP dans l'UMP, avec quelque 30 000 adhérents de moins de 30 ans. Auxiliaires indispensables des campagnes électorales, ils tractent sur les marchés, animent les meetings ou donnent un coup de jeune à leurs aînés en apparaissant en toile de fond des tribunes. Mais ils ambitionnent davantage et souhaitent faire des «Jeunes Pop» l'aiguillon du parti.

    «C'est une chance d'avoir un mouvement jeune qui peut faire des propositions, explique David-Xavier Weiss, candidat à la présidence. Le débat, c'est la méthode de Nicolas Sarkozy.» À 28 ans, le chef de cabinet du secrétaire d'État Roger Karoutchi veut «être un responsable à l'image des jeunes de France, celle des Skyblogs et de Radio FG». Pour accélérer le renouvellement des cadres et élus locaux, chantier en cours à l'UMP, le conseiller municipal de Levallois, proche des époux Balkany, propose la définition de barèmes de candidats jeunes, «pourquoi pas 10 %».

     

    Le soutien des aînés recherché

    «Nicolas Sarkozy a mis en place une autre façon de faire de la politique, estime pour sa part Benjamin Lancar, 22 ans. Les jeunes de l'UMP doivent inventer une autre façon de militer.» Avant-goût du projet que l'étudiant à HEC défend, son action à la tête de la section Grandes écoles a l'heur de plaire à plusieurs caciques. Ses opérations figurent en bonne place dans l'agenda officiel et la dernière en date a été parrainée par Frédéric Lefebvre, proche du chef de l'État. Dans les pas du président, l'étudiant souhaite mettre en place un «comité de liaison» qui regrouperait les différents mouvements jeunes des partis de la majorité.

    Fondateur du collectif Génération Sarko, Franck Allisio déplore que les Jeunes Populaires soient «inaudibles» depuis l'élection présidentielle. «Il y a pourtant beaucoup à dire. Que l'on souhaitait que la réforme des universités aille plus loin», explique-t-il en louant «la vraie ambition sociale, le libéralisme populaire» de Nicolas Sarkozy. Issu, lui aussi, des écuries Karoutchi «mais j'ai pris mes distances» , cet opposant à Fabien de Sans Nicolas au sein du bureau national n'hésite pas à comparer sa candidature à celle de Joseph Ratzinger au Vatican : «Une candidature de transition, le temps que l'on trouve le nouveau Jean Paul II qui préparera les élections de 2012.»

    Quant à Matthieu Guillemin, 23 ans, il fait aujourd'hui figure de dauphin non déclaré de Fabien de Sans Nicolas et considère que «le temps de l'élection n'est pas venu». Mais le Breton, engagé au RPR à 16 ans, ne cache pas qu'il souhaite «porter beaucoup de choses pour le mouvement d'ici là. Et après». Entre-temps, tous devront présenter leur projet à leurs aînés et chercher leur soutien. Un connaisseur du dossier ne le cache même pas : «Celui qui fera légitimement le choix et qui désignera son candidat, c'est Nicolas Sarkozy.» Le président de la République avait été responsable des jeunes du RPR à la fin des années 1970.

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